À l'école et autour de l'école | Vie de la ligue
02 juin 2026
À l'école et autour de l'école | Vie de la ligue
02 juin 2026
Depuis 2010, la baisse démographique s’invite dans les salles de classe : -20 % de naissances et des fermetures de classe qui tendent le système éducatif. Mais si on transformait cette crise démographique en opportunité pour repenser l’école de demain ?
Les services statistiques du ministère prévoient la perte de 1,7 millions d’élèves d’ici 2035. Au lieu de réduire les moyens, pourquoi ne pas en profiter pour baisser drastiquement le nombre d’élèves par classe ? Les projections le montrent : en maintenant le nombre d’enseignants, on pourrait passer de 22,4 à 18,3 élèves par classe en primaire d’ici 2034, se rapprochant enfin des standards européens.
Les études le confirment : des classes moins chargées améliorent la réussite, surtout pour les élèves les plus fragiles. Dans une école française profondément inégalitaire où l’origine sociale pèse encore trop, réduire le nombre d’élèves par classe apparaît comme un levier essentiel. L’Institut des politiques publiques va même plus loin : mieux formés, ces élèves accéderont plus facilement à l’emploi, percevront de meilleurs salaires, et contribueront davantage aux recettes fiscales.
Pourtant, l’enseignement primaire français reste sous-financé : la dépense par élève est inférieure de 19 % à la moyenne de l’OCDE, et les salaires des enseignants sont en retrait de 17 % par rapport à nos voisins. Comment justifier que l’Éducation nationale soit encore considérée comme un poste de dépense plutôt qu’un levier de croissance ?
Investir dans les enseignants, c’est investir dans l’avenir. Revaloriser leurs salaires, alléger leur charge administrative, leur offrir une formation continue de qualité pour redonner enfin de l’attractivité à ce métier et améliorer la qualité des apprentissages. Des enseignants reconnus et soutenus peuvent se consacrer pleinement à tous les élèves.
La baisse démographique n’est pas une fatalité, mais une chance. C’est une fenêtre historique pour agir, repenser l’école et lui donner les moyens de ses ambitions : réduire les effectifs par classe, revaloriser les enseignants, et offrir à chaque enfant un accompagnement de qualité pour mettre fin aux inégalités.
Autant de défis qui appellent des réponses ambitieuses. L’école publique doit redevenir le creuset républicain qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être. L’éducation n’est pas un coût, mais le premier levier de croissance pour notre société.
Ne laissons pas passer cette opportunité.
Guislaine David, administratrice déléguée à l’éducation à la Ligue de l’enseignement 35