Vie associative
11 mai 2026
Vie associative
11 mai 2026
ISKIS, c’est avant tout une association communautaire faite par et pour les personnes LGBTI+.
Chaque mercredi, le local ouvre ses portes à entre 50 à 70 personnes pour une permanence sans thématique particulière mais pour permettre un moment de socialisation, d’accueil et d’écoute. En complément, l’association propose 8 groupes de parole, un club de lecture, des ciné-débats, et prête son local à d’autres associations LGBTI+ du territoire.
Le lieu est aussi pensé pour accueillir tout le monde dans les meilleures conditions : casques anti-bruit, couverture lestée, stim-toys (outils de stimulation cognitifs notamment pour les personnes atteintes de troubles de l’attention ou autistiques), zone calme en médiathèque… Une attention particulière est portée aux personnes neurodivergentes.
« On part des problématiques que les gens nous amènent pour faire un diagnostic de terrain, et ensuite on le remonte sous forme de plaidoyer auprès des institutions. »
Emma, présidente d’ISKIS
Lors de notre visite, Emma nous a partagé plusieurs pistes concrètes pour mieux accueillir les personnes LGBTI+ au sein de nos structures.
Sur l’écriture inclusive : pas besoin du point médian pour favoriser l’inclusivité dans l’écriture. On peut privilégier des tournures neutres en utilisant par exemple des adjectifs non genrés. Il est possible de s’aider d’un dictionnaire de synonymes en ligne pour trouver des formulations plus neutres (coéquipier / coéquipière → partenaire).
Sur les pronoms : inviter les personnes à se présenter avec leur prénom et leurs pronoms en début de réunion ou d’atelier. C’est une pratique simple, qui demande un peu d’entraînement, mais qui peut vraiment aider les personnes concernées à se sentir à l’aise.
Sur l’intersectionnalité : Il ne faut pas réduire les personnes à une seule caractéristique. Ainsi, une personne accompagnée pour son handicap peut aussi être concernée par les questions LGBTI+. Les identités sont multiples.
Sur la posture en animation : face à des propos discriminants, Emma conseille de ne pas s’indigner, mais de rester empathique, c’est-à-dire de décortiquer pourquoi la personne pense cela et de pousser à la réflexion plutôt qu’à la censure. Le but n’est pas que les gens apprennent à ne plus dire certaines choses, mais à les remettre en question.
« Ce n’est pas parce qu’on n’est pas soi-même LGBTI+ qu’on ne peut pas s’emparer du sujet. Au contraire, quand ce sont les personnes alliées qui mettent en place ces pratiques, ça enlève un poids aux personnes directement concernées. » Emma, présidente d’ISKIS
La Marche des Fiertés, c’est bien plus qu’un défilé. Cette dernière est née aux États-Unis après les émeutes de Stonewall en 1969, elle est aujourd’hui un moment emblématique et nécessaire pour toute la communauté LGBTI+.
À Rennes, la première Marche des Fiertés date de 1994, soit avant même la création d’ISKIS. Chaque année, elle rassemble de plus en plus de personnes, dont beaucoup de jeunes qui y trouvent leur premier contact avec la communauté. Pour certaines personnes, c’est parfois le seul événement LGBTI+ qu’elles connaissent.
« On a des gens qui nous téléphonent pour dire : j’ai tel âge, je n’ai jamais rencontré d’autres personnes LGBTI+, est-ce que je peux venir ? C’est souvent la première porte d’entrée. » Emma, présidente d’ISKIS
La journée du 20 juin débutera avec un village associatif et de santé de 11h à 18h30 sur l’Esplanade Charles de Gaulle, suivi du départ de la marche à 14h. La soirée se poursuivra avec la Noz Pride, une soirée de Dragshow et de DJ set à la salle de la Cité.
Cependant, organiser cet événement n’est pas sans difficultés. En effet, entre les demandes pour réduire le parcours, les pressions pour éviter le centre-ville et les incidents isolés, les difficultés ne manquent pas. Mais il n’est pas question d’annuler ou de réduire l’événement, pour Emma « se faire petit, c’est leur donner raison ! ». La visibilité reste un enjeu fondamental, d’autant que les droits acquis ne le sont jamais définitivement, un retour en arrière est malheureusement toujours possible. Heureusement, la mobilisation ne faiblit pas !
ISKIS fêtera ses 25 ans en novembre 2026 ! Une belle occasion de soutenir l’association et de devenir bénévole à la prochaine Marches des Fiertés, Iskis recherche encore du monde ! 😊